Nous, les plantes vivaces, nous sommes vexées.
Depuis que les hommes sont dressés sur leurs pattes arrières , les arbres tiennent le haut de la savane. Ils sont arbres de vie, arbres de la connaissance ou même arbres de la liberté. Solides comme des chênes, durs comme du bois, dressés comme des sequoias ou vénérables comme des érables, ils sont forcément d'essence masculine.
Alors que nous, les petites plantes, qui dépassons à peine la hauteur des pâquerettes, plions comme le roseau, et rougissons comme la pivoine , on nous range à tous les coups du côté du sexe "faible".
| Aruncus ‘Horatio’ |
Mettons qu'au printemps ou en été, nos fleurs forcent un peu l'admiration de quelques humains amoureux ou rêveurs, mais en automne, l'injustice devient flagrante.Tous s'extasient devant le panache roux et majestueux dont s'habillent les forêts. Les enfants ramassent les feuilles et caressent les marrons. Les adultes se baladent le nez en l'air, admirent les frondaisons et jouent à reconnaître les espèces.
| Euphorbia ‘Great Dixter’ |
Mais qui, je vous le demande, qui a jamais remarqué que nous avions nous aussi notre bel automne ? Pourtant, l'herbe à Robert (Geranium robertianum) rougeoie autant qu'un érable canadien. Essayez-là en tapis au pied d'un petit conifère bien vert et vous m'en direz des nouvelles. Les Aruncus aethusifolius et 'Horatio' se colorent d'un bronze magnifiquement rehaussé par le gris des armoises, sauges ou buddlejas. Et les euphorbes ? Ah les euphorbes... 'Great Dixter' et 'Fireglow' flamboient, tandis que E. palustris et E. polychroma virent au jaune or. Les feuilles verticillées des Veronicastrum se transforment en étoiles scintillantes. Et que dire des pivoines, des onagres, et des hostas ?
| Veronicastrum ‘Lavendelsturm’ |
Si, si, je vous l'assure, les plantes vivaces aussi illuminent l'automne.


















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