Après notre séjour en Angleterre, le retour au jardin est un moment que j'appréhende toujours. Cette année, le choc fut plus frontal que jamais.
Là-bas, entre Bath et Bristol, tous se plaignaient de la sécheresse. A l'évidence, les jardins avaient été moins arrosés que d'habitude. Mais pendant ces 5 jours, nous avons eu 13 à 15°C et plus de pluie qu'ici en 3 mois.... Aujourd'hui, avec 27°C et quelques millimètres de pluie depuis début mars, le jardin paraît bien désertique et rabougri par rapport aux opulentes verdures britanniques. Mais trêve de jérémiades, j'essaye de devenir philosophe et de me concentrer sur le seul point positif de la situation: mes tomates sont bien plus belles que celles des Anglais!
Puis, j'ai fait le plein d'idées et appris tant de choses ... que je ne sais par où dévider l'écheveau. Et si je commençais par les bordures ?
Beaucoup de jardiniers anglais soulignent leur massif d'une rangée de pierres ou de briques. Malgré les apparences, le strict alignement de ces matériaux solides ménage une transition douce entre l'herbe sage et l'exubérance des fleurs. Au lieu de s'arrêter tout net là où commence le gazon, les vivaces peuvent s'immiscer, à pas comptés, et jouer encore un peu dans les joints du dallage pour prolonger discrètement la folie végétale des fleurs.
Et tout à la fois, le pavement souligne la netteté et la rigueur horizontale de la pelouse qui s'ajuste contre lui.
La tonte est plus facile aussi. Les fleurs peuvent se coucher sans gêner la tondeuse ni abimer l'herbe et fini le travail harassant et ingrat de la taille des bordures.
Toute la difficulté tient dans le choix des matériaux: pas trop neufs et lisses pour ne pas attirer l'attention au détriment du végétal et suffisamment nets et précis pour jouer leur rôle....



















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