Le long du potager, bien au chaud sur le versant sud de la haie de hêtres, nous avons plantés il y a une dizaine d'années des pommiers et poiriers en espalier, formés en double palmette.
Chaque hiver, chaque été, je les taille avec soin. C'est long et compliqué. Je maîtrise mal la technique. De la main gauche je décrypte les feuillets d'instruction rédigés par le gentil pépiniériste qui me les a vendus et de la droite, je taille. Ma dextérité et toute relative et après 1 ou 2 charpentières et une dizaine de coursonnes, j'ai la tête qui tourne. Je mélange, dard, lambourde et bourse.... Je laisse tomber les règles du jeu et leur vocabulaire et je fonctionne à l'instinct. Dieu seul sait par quel miracle, le résultat n'est pas trop mauvais. Ils gardent bonne allure et la fructification est toujours là, bon an mal an.
Mais je rêve de fruitiers à la ramure vénérable, joufflus et ridés par des années de taille, alourdis par les brassées de fruits qu'ils ont portés. Avec l'âge, leur écorce s'assombrit et se fissure, les rameaux se tordent et se nouent. Et, entraide de vieux briscards de la pomme, ils se soudent parfois l'un à l'autre pour mieux tenir. Quelle allure ont-ils alors!
Mais les miens font encore neufs et raides. J'ai beau couper, leurs tiges restent grêles et frêles. Et je dois sans cesse réparer et renforcer l'armature qui les soutient par l'arrière. Je suppose qu'il me faut attendre quelques dizaines d'années encore...



















Bonsoir, toi qui es si organisée, pourquoi ne prends-tu pas une photo au préalable. Ensuite, tu l'étudies chez toi au calme et tu notes là où une intervention te semble nécessaire ? Est-ce possible ou cela serait trop compliqué ?
Je n'ai qu'un plaqueminier qui se plie à toute mes coupes sans rechigner. Rien de bien compliqué, en fait.
Rédigé par : Marina | 05/02/2012 à 20:49
Si l'instinct semble être une ressource inépuisable, le temps reste le meilleur allié du jardinier. La taille fruitière n'est pas notre point fort mais l'on dit qu'il y a dans la taille de l'universalité qu'il s'agisse de niwaki ou de taille fruitière.
Rédigé par : Duojardin | 05/02/2012 à 21:13
Bonjour,
Les arbres palissés c'est quelque chose qui me fascine depuis que j'ai visité Villandry. A Noël, j'ai reçu l'encyclopédie des formes fruitières de Jacques Beccaletto. C'est un ouvrage fascinant. Je voulais aussi acheter son livre sur la taille des arbres fruitiers, mais à 153€ sur Amazon.fr (sans doute une faute de frappe)je me suis dit que ce livre attendrait.
Je précise que je n'ai pas encore de jardin, mais j’ambitionne d'en avoir un d'ici 10 ans. Donc pour l'instant je rêve beaucoup; je lis blogs, forums, magazines et livres et fais quelques expériences dans le jardin de ma mère(morne pelouse).
Rédigé par : Ysatis | 05/02/2012 à 22:42
je pense que le mieux ce serait de suivre un cours chez un pépiniériste !
bonne journée
Rédigé par : camille | 06/02/2012 à 09:54
il faut suivre des cours avec les jardiniers du Prieuré d'Orsan , ils sont très forts
Rédigé par : anne | 06/02/2012 à 13:57
Moi aussi, j'ai des livres de taille (oui, plusieurs) et quand je taille mes fruitiers en espaliers, je galère aussi ! je réfléchis bien au début et puis au bout d'un moment, lassée, je fais au pif tout comme toi.
Dans un précédent jardin, nous avions quelques fruitiers en espaliers qui malgré (ou à cause de) notre taille ne donnaient rien, nous avons eu l'occasion de les voir cet automne pas souvent taillés, et couverts de fruits !
Un comble !!!
MC
Rédigé par : Marie-Claude | 06/02/2012 à 14:07
Tailler en général, c'est pas difficile, mais les fruitiers à pépins c'est autre chose. Comme tu dis Sophie entre dard, lambourde et bourse....si on se trompe c'est fichu, pas de fruits.
Voici un lien qui explique très bien, mais quand on se trouve en face de l'arbre !!!!!!!!!!
http://www.rustica.fr/articles-jardin/fruits-et-verger/reconnaitre-organes-arbres-fruitiers,3241.html
J'ai déjà observé un professionnel, mais devant l'arbre le dilemme continue.
Rédigé par : Danielle CUYX | 06/02/2012 à 15:09
C'est comme la taille des rosiers. Dans les revues, il sont de la "chance" : sur leur dessins les branches sont toujours bien placées afin d'être clairement identifiées. Coupe, coupe pas, coupe, coupe pas...quand je regarde mes rosiers, les branches charpentières ne sont jamais positionnées de façon aussi nette, le troisième oeil, de même que le quatrième, voire le cinquième ne sont pas tournés dans le bon sens.
Rédigé par : Marina | 06/02/2012 à 16:50
Marina, il faut tailler chaque brindille, cela me prendrait un temps de fou de photographier chacune d'elle, puis potasser le sujet. Non, c'est trop compliqué pour moi. Et comme tu le dis entre la théorie et la pratique... il y a de la marge. Mais j'arrive à reconnaître un bourgeon à fruit des autres et je taille en fonction. C'est là que doit se trouver l'universalité dont parle Duojardin! Et les récoltes sont très bonnes!
Ysatis j'ai fait comme toi pendant pas mal d'années. J'avais un jardin, mais pas le temps, juste une demi-heure de folles rêveries chaque soir, quand mes petits dormaient. Cela va te faire gagner du temps quand tu l'auras!
Anne, le prieuré d'Orsan, c'est le rêve de tout tailleur! Un soin extrême, une science poussé à son paroxysme. C'est absolument magnifique à voir!
Marie-Claude les miens fructifient, mais c'est probablement un gros coup de chance.
Rédigé par : sophie | 06/02/2012 à 20:40
A chacun son métier! Je ne suis pas doué dans l'art de la taille, moi non plus. On fait ce qu'on peut!
Bonne semaine.
Rédigé par : Philippe D | 06/02/2012 à 21:58
Comme je me sens moins seule ! Merci.. je vis le même drame chaque année à la période de taille
Je m'y suis collée il y a 3 semaines.. mais pffff
Et puis, c'est vrai que c'est un certain miracle de voir des poires s'épanouir...
Pour le moment, je leur donne un peu de cendres du poil à bois...
Merci mille fois pour cet article
Rédigé par : Françoise | 06/02/2012 à 23:00
Mais que n'as-tu dit immédiatement que les récoltes étaient très bonnes: c'est donc que tu tailles avec succès! ;-)
Concernant l'aspect vénérable, j'ai discuté avec un éleveur de bonsaï il y a quelques temps. Ce fut très instructif. En fait, il part souvent d'arbres plus vieux, qu'il retaille assez fort (un peu comme ces "mauvais" bonsaïs des grandes surfaces, où l'on voit une énorme coupe qui ne laisse pas l'ombre d'un doute sur le temps consacré à en faire un bonsaï). Sauf que, ça ne se limite évidemment pas à ce traitement brutal (j'ai un peu oublié, depuis). Mais J'ai du coup compris pourquoi mon érable, élevé depuis mes 12 ans mais sans cesse taillé, avait l'air, 20 ans plus tard (il est mort pendant des vacances il y a quelques années: un oubli d'arrosage de la soigneuse...) d'un arbrisseau de 5-7 ans: je le taillais tellement rigoureusement qu'il n'avait pas que, affaibli, son tronc ne s'épaississait pas, et ses ramifications restaient peu nombreuses. Les arbres taillés vénérables sont parfois des arbres oubliés puis repris en main.
Rédigé par : laurent | 07/02/2012 à 12:36
Sophie,je vais te donner les coordonnées de ma coiffeuse,elle est très douée!!!
Rédigé par : c.ost | 07/02/2012 à 17:00
Ben, oui, Philippe, c'est sûr!
Moi aussi, j'éparpille les cendres de bois à leur pied! Et cette année, il y en aura! Je parle des cendres, évidemment, Françoise!
Effectivement, la récolte c'est important, mais garder leur forme, ou plutôt leur en donner ça compte aussi!
Je comprends ce que tu veux dire, Laurent. A trop les tailler on les empêche de former une forte ramure. Oserais-je les laisser filer... ???
Je suis prêt à noter, Ost!
Rédigé par : sophie | 07/02/2012 à 21:06
Moi, je ne les laisserais pas filer. Ca fait 5 ans que je tente de rattraper la haie de hêtre pourpre qui montait à 4,50m, et elle est encore bien creuse. Il leur faudra plus longtemps, mais un jour, ils deviendront noueux, tes fruitiers, même si ce jour est plus éloigné (ça n'en sera que plus mérité ;-)).
Rédigé par : laurent | 08/02/2012 à 15:43
Je n'y connais rien en fruitier et je me demande :
Une haie est faite pour avoir de "l'épaisseur" mais un fruitier non. Donc à priori, il semble possible de laisser filer les branches.
Par contre, ressortira-t-il des bourgeons à fruit sur le "vieux" bois un fois que les branches, que l'ont a laissées filées quelque temps, seront taillées ?
Rédigé par : Marina | 08/02/2012 à 18:48
Non, je n'oserais pas non plus les laisser filer! Ils deviendront noueux pour mes enfants ou les propriétaires suivants.
Marina, je ne suis pas assez experte, mais je pense que jusqu'à un certain point oui, le vieux bois, pas trop vieux tout de même refera des bourgeons, mais au-delà d'un certain point, non. La question est de savoir justement où est le point critique... Et je ne sais pas!
Rédigé par : sophie | 08/02/2012 à 21:48
Bonjour,
Simplement pour le plaisir de vous saluer : aucune "expertise" en matière de taille des fruitiers... Dire que mon grand-père maternel, aujourd'hui disparu, savait tailler, greffer, et réaliser mille choses encore, et que de toute la morgue imbécile de mon adolescence je méprisais ces savoirs essentiels... A 15-18 ans (et souvent au-delà) on est idiot.
Amicalement, Cécile
Rédigé par : Cécile | 11/02/2012 à 07:48
euh ......ça dépend desquels !!
Rédigé par : anne | 11/02/2012 à 15:27
pourquoi sur ton descriptif de plantes et jardins , la persicaria orientalis n'a pas de photo , alors qu'il y en a une superbe sur ton blog , la même chose sur une autre plante , je ne me souviens plus laquelle
Rédigé par : anne | 11/02/2012 à 19:55