C'était un samedi matin, il y a déjà quelques mois de cela. J'épluchais les légumes pour la soupe du jour et la radio écoutée distraitement m'a rappelé l'existence de Gertrud Franck. Responsable d'un grand potager dans le Bade-Wurtemberg, elle a mis au point une méthode de culture, propre et efficace. Cela tombait tout pile, je trouvais justement mon potager usé par des récoltes mal gérées. J'ai profité de ces semaines polaires pour essayer de comprendre sa réflexion et l'appliquer chez moi.
A première vue les choses sont simples. Les légumes sont divisés en trois catégories.
A (rouge sur le plan): ceux qui prennent de la place et pour longtemps. Rouge sur le plant
B (vert sur le plan): ceux qui sont ni trop petits ni trop grands et à durée de culture moyenne.
C (bleu sur le plan): les discrets et rapides.
Ils se sèment en ligne distantes de 50 cm et la rotation s'effectue sur le mode ACBC.
Attention, comme dans tout groupe il y a des affinités et des clans. Et c'est là que les choses se compliquent. Pour que la paix règne au potager, il faut en tenir compte. On place les copains ensemble, dans la même ligne ou dans des lignes voisines. Par exemple, les carottes et les poireaux, les céleris et les choux, les radis et les tomates. Certains sont moins sociables que d'autres. Ainsi, personne ou presque n'aime les haricots à rame. Normal! Du haut de leur 2 m. ils font de l'ombre aux voisins qui n'en veulent plus.
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Docteur Soleil, Jardiner Naturel, Ed. vivez Soleil. |
Jacques Biston, Jardiner selon la Nature, éd. Nature et Progrès. |
Ensuite, le sol doit rester couvert en permanence . Entre chaque rang, G. Francq sème des épinards, qu'elle ne mange pas ! Elle les fauche juste avant la montaison et laisse les feuilles sur place! Ils empêchent les mauvaises herbes de s'exprimer, maintiennent l'humidité et enrichissent le sol. Après on maintient le couvert en jetant fanes et épluchures de légumes, compost, etc...
Dès qu'une récolte est faite, il faut la remplacer par une autre (par ex, laitues et carottes hâtives, puis courgettes) et en fin d'été, semer des engrais verts: moutarde, sarrasin, phacélie, etc...
Chaque année, les rangs sont déplacés de 25 cm, sur la ligne d'épinards de l'année précédente. Il faut donc 8 ans pour accomplir une rotation totale.
Je me suis battue avec les dimensions de mon potager auxquelles je tiens mais qui ne sont pas conçues dans l'esprit de Gertrud Francq. J'ai réussi à y caser 10 ensembles de 8 lignes. En calculant mon coup, j'ai même pu faire coïncider de chaque côté d'un passage deux lignes de haricots à rame. Et chaque année, l'emplacement sera différent. Cela m'a pris un temps fou. Reste à m'approvisionner en graines d'épinards et à vous tenir au courant du résultat.
Actus.
Je viens de mettre en ligne un petit reportage sur l'Arboretum de la Sédelle.



















mais pourquoi faire des rgs d'épinards destinés à être enfouis ?il faudrait plutôt mettre entre tes rangées de légumes du compost plus ou moins décomposé
Rédigé par : anne | 12/02/2012 à 18:44
Ce n'est pas moi qui ai inventé cela, mes G. Francq et des jardiniers qui ont bien plus d'expérience que moi, donc je leur fais confiance et je joue le jeu. Je changerai peut-être d'avis après un an ou deux. Il paraît que l'épinard a la vertu d'être bénéfique pour toutes les cultures. Et après sa décomposition en début d'été, il faut rajouter des déchets et/ou du compost à sa place.
Rédigé par : sophie | 12/02/2012 à 19:14
Nous avons les mêmes souvenirs de lecture, il y a 20 ans "les cultures associées au jardin" de Gertrud Franck trônait sur notre table de chevet. Depuis, le temps a passé et le potager attend notre retraite mais il est toujours intéressant de découvrir que l'on ne fait que redécouvrir.
Merci pour la promenade à l'Arboretum de la Sédelle.
Rédigé par : Duojardin | 12/02/2012 à 20:25
Il y a longtemps que je me disais que j'allais m'y mettre. Cette fois, c'est décidé!
Rédigé par : sophie | 12/02/2012 à 20:43
Bonsoir, je suis une fervente lectrice de ce blog et trouve enfin l'occasion d'y laisser un petit message.
Je pratique cette technique depuis 2 ans déjà, suite à ma lecture de l'ouvrage "Le poireau préfère les fraises" de Hans Wagner, qui s'inspire lui aussi des travaux de Gertrude Francq. Ce livre, c'est MA bible, il regorge de conseils. Depuis que je pratique cette méthode de culture, le sol de mon potager, pourtant argileux, est devenu très agréable à travailler : il s'est enrichi et allégé.
Rédigé par : la luciole | 12/02/2012 à 20:43
Chouette, tu m'encourages. j'ai déjà repéré ce bouquin qui du coup me tente encore plus !
Rédigé par : sophie | 12/02/2012 à 20:47
mais non Sophie , ce ne sont pas des rgs d'épinards qui vont améliorer ta terre( et qui te donneront du travail en plus ) mais l'apport de compost et même de BRFque tu feras régulièrement entre tes rangs de légumes .Bien sûr les 2 jardiniers que tu cites ont bien changé les méthodes de culture des légumes , mais depuis il y a eu aussi d'autres trouvailles ; je suis régulièrement les travaux de R.Grosléziat en Picardie( un prof d'histoire.....) sur le blog où il raconte ts les beaux résultats qu'il obtient en culture bio http://reptilyfamily.free.fr/
regarde la colonne de drte et tu peux même lui écrire il est très sympathique
Rédigé par : anne | 13/02/2012 à 14:06
Bonjour,
Cette annee je vais tenter la methode Soltner, le potager sans travail du sol. On verra ce que ca donne. J'aimerais bien essayer le BRF mais je n'en ai pas encore a disposition.
Sophie,j'ai pense a vous en regardant le reportage de jardins et loisirs de ce dimanche consacres aux poiriers palisses haute-tiges.
(sorry pour l'absence d'accents, clavier qwerty)
Cordialement,
Y
Rédigé par : Ysatis | 13/02/2012 à 16:05
Merci Anne pour ce lien. C'est un blog très amusant à suivre. J'y suis restée vissée un certain temps... Malheureusement, je n'ai pas trouvé d'indications précises sur les modes de cultures qu'il emploie. Tu as déjà lu son bouquin ? L'apport de compost ou de BRF ne peut qu'être profitable c'est sûr, mais je vais tout de même tester le truc des épinards. Je suis têtue par moment!!
Ysatis, cette méthode soltner ne me paraît pas diamétralement différente de celle de G. Francq. J'ai effectivement vu ce reportage sur les poiriers qui me donnait presque envie d'en palisser contre le mur de lamaison où il n'y a pourtant plus de place ....
Rédigé par : sophie | 13/02/2012 à 20:47
C'est marrant, mais cela me fait penser aux nombreuses "méthodes d'amaigrissement". Pardon, je sors du sujet...mais c'était tentant.
Rédigé par : Danielle CUYX | 14/02/2012 à 12:13
si Sophie il faut prendre le temps de tout lire , je le suis depuis 2 ans , presque ts les jours et depuis le début oû il n'y avait rien ds son jardin , je suis la progression de son travail qu'il fait avec une bonne humeur très contagieuse, et beaucoup d'ardeur
il s'explique longuement ds son livre" le potager anti crise "
et il ne se prend pas la tête avec les petits problèmes qu'il rencontre , tout est raconté simplement à la fois avec bcp de sérieux et beaucoup d'humour ; Je trouve cette famille
très sympathique ; JE regarde aussi bcp sa mare , depuis sa construction , qui est un lieu de vie exceptionnel , je trouve que ses enfants ont bien de la chance de vivre ds un tel milieu
Rédigé par : anne | 14/02/2012 à 14:49
De rien, de rien, Danielle! Chacun y va de sa recette!
Moi cela me fait plutôt penser aux bonnes résolutions de début de printemps.
J'y retourne Anne! Et je m'abonne! Merci
Rédigé par : sophie | 14/02/2012 à 17:04
Intéressant... mais il y a quand même une sacrée équation à poser au départ ! Je vais suivre tes résultats de près ! Quand je vois ton grand degré de réflexion sur tout cela, je me sens bien improvisatrice. Je devrais en prendre de la graine !
Rédigé par : Isabelle - Jardinement Vôtre | 14/02/2012 à 17:37
de la graine ? Voilà qui est bien dit ;o))
J'ai été très improvisatrice pendant 20 ans, mais la terre s'épuise, je le sens et je n'aime pas foutre des cochonneries, alors j'essaye de réfléchir. Mais ce sont des bonnes résolutions, voire si je vais m'y tenir....
Rédigé par : sophie | 14/02/2012 à 20:01
je n'en suis aussi inspirée quand j'ai commencé mon potager ,les épinards fauchés qui restent sur la terre c'est pas très beau ,je les mets plutôt au compost ,entre les plantes je mets les tailles de buis et autres..les tiges de graminée coupées en petits morceaux et sous les gourmands comme les courges et courgettes du fumier pailleux et aussi de la paille de lin sous les fraisiers pour décourager les limaces
bonne journée
Rédigé par : camille | 15/02/2012 à 14:08
je regarde ton plan de jardin , mais pourquoi l'avoir mis si loin de la maison ? c'était bien du temps où la propriétaire des lieux avait un jardinier à son service, est ce ton cas ?!
pauvre potager relégué au fond du jardin comme un pestiféré , alors que c'est un plaisir d'y aller ts les jours ,chaque semaine différent , quand il est joli, productif et tjs vert puisqu'on y sème des engrais verts quand il n'y a plus rien , regarde la potager de Rodolphe , n'est il pas beau vu par les fenêtres de son séjour , encadré au loin par de gds arbres ?
Rédigé par : anne | 15/02/2012 à 14:47
Merci pour les conseils, Camille. Sous les fraisiers je mettais de la paille tout court. Je parle à l'imparfait parce que je n'en ai plus. Faute de place, j'ai du faire des choix. Mais je comprends ce que tu veux dire.
Anne, tu as raison quelque part. Un potager près de la cuisine c'est bien plus malin. Sauf qu'ici, la terre près de la cuisine était très mauvaise et mal exposée. Alors voilà pourquoi le potager s'est retrouvé au bout du jardin sur une légère pente exposée plein sud. Et il n'est pas si isolé que ça. La modeste "perspective" qui part de la terrasse y mène, et au-delà, il y a la serre et l'abri de jardin et tout mon fourbi se trouve.
Rédigé par : sophie | 15/02/2012 à 20:16
Je t'envie Sophie car j'avais commencé un petit potager il y a 3 ans, mais il a fallu se rendre à l'évidence : si je fais un potager, le jardin d'ornement en souffre et du coup, j'ai dû arrêter car mon temps pour jardiner est limité. Mais qu'est-ce que j'aimerais pouvoir le reprendre ! Du coup, je vais suivre assidument l'évolution de ton jardin légumier ;-)
Rédigé par : Carzan | 15/02/2012 à 20:57
Effectivement, le potager prend du temps. Pas plus de temps que les fleurs, mais il ne rigole pas avec le calendrier. Il faut faire les choses au bon moment et réguilèrement. C'est sûr que lorsque je travaillais cela m'était impossible. Merci pur tes encouragements.
Rédigé par : sophie | 16/02/2012 à 20:15
Le potager! ah,la la... quelle aventure! Moi aussi j'ai fait un potager, puis l'ai abandonné 20 ans pour faire le jardin d'agrément, mais je viens de m'y remettre après avoir compulsé Gertrud Franck, le potager en carrés, la bio dynamie, l'agriculture naturelle de Masanobu Fukuoka,le potager en lasagnes ( j'attendais la pluie pour jardiner, ça donne du temps pour lire). Je vais faire ma propre expérience à partir de tout ça: il n'y a pas deux potagers identiques car nous sommes inégaux devant le climat.
Et comme au jardin, je voudrais un potager sans trop de travail, c'est commencé:
http://galinou.fr/dotclear2/index.php?post/2012/01/09/mon-mini-potager
Je vais suivre attentivement vos résultats, Sophie et merci pour tous vos articles.
Mon jardin: www.galinou.fr, dans le sud-ouest français
Rédigé par : Martine Pantel | 18/02/2012 à 12:39