Des arbres gris et crevassés cernent une tendre cuvette. Dans ce nid de feuilles et d'humus, leurs souches puissantes et maternelles veillent sur les mousses.
Au chaud, si bien gardées, elles prolifèrent de taches en taches. Elles jouent à saute-mouton sur les pierres, grimpent sur les racines plantureuses, s'éparpillent et roulent dans les creux pour finir en sarabande autour des fougères. Au pied des arbres, elles se réunissent en soyeux conciliabule puis se dispersent en grappes lâches ou en file indienne.
A la longue, elles dessinent un paysage émouvant, une géographie étrange et imprévue. Leurs rondeurs effacent les aspérités, aplanissent les failles et les ruptures et maquillent de douceur le sol rugueux.
Mes rudiments de biologie sont loin. Je n'y connais rien en bryophytes, sphaignes et lichens. Je suis incapable d'identifier la moindre de ces plantules
Ce jardin de mousses est le chef d'œuvre de Thérèse et Gérard Lemeignan à Val Maubrune. Ils les épilent, les caressent et les bichonnent. Ils chassent les intrus, mais les freinent aussi un peu. Rien qu'un peu. Pour rester dynamique, la cuvette ne peut se laisser submergée par une marée uniformément verte.
Actus de décembre.
Je viens tout juste de mettre en ligne la visite virtuelle de Val Maubrune. |



















Ton texte est très beau, plein de poésie, l'humble mousse est la base de toute végétation mais mon mari la chasse avec rage de sa pelouse :-))
Il y a des endroits en forêt de Compiègne, couverts de mousses, de tapis doux sur lesquels on marche sans vergogne comme sur une moquette épaisse.
MC
Rédigé par : Marie-Claude | 05/12/2011 à 07:22
c'est un endroit empli de douceur et sérénité j'envisage d'y faire une visite l'année prochaine
bonne journée
Rédigé par : camille | 05/12/2011 à 08:24
Ah les maris et leurs pelouses....
Rédigé par : Danielle CUYX | 05/12/2011 à 09:21
Merci! J'ai beaucoup regretté de ne pas voir avec vous le jardin de la Grande Thérèse!
Rédigé par : Soff | 05/12/2011 à 10:02
J'adore les mousses (moins dans le gazon). Et cette jolie clairière donne envie de s'y installer pour écouter le temps passer...Bonne journée
Rédigé par : karine | 05/12/2011 à 13:27
Dans les compositions florales OK,mais pas ailleurs...
Rédigé par : c.ost | 05/12/2011 à 16:47
A ma prochaine visite chez mes amis limougeots, je fais une pointe jusqu'au Val Maubrune. Ca à l'air splendide, j'adore ces atmosphères. Puis-je avouer que je suis une grande "subtilisatrice" de mousses ? Où que je passe, il m'est si facile d'en prendre quelques miettes. Même l'été quand elles sont desséchées. Vient alors le temps de l'attente afin qu'elles se réveillent, que je puisse voir leurs jolis minois. D'abord de ma hauteur, puis à plat ventre pour mieux admirer leur floraison. J'en ai un spécimen littéralement vert fluo en automne, d'autres plus resserrées ou alors ressemblants à des algues. J'ai une petite zone de terre très lourde, au nord, que j'ai l'intention de disputer au chiendent afin d'y implanter un tapis de mousse autour de mon acer palmatum 'Goodblood'. Pour ceux et celles qui sont intéressés, il faut les nourrir tout simplement avec du lait entier.
Rédigé par : Marina | 05/12/2011 à 20:22
Nous avons un petit coin de pelouse si ombragé qu'il n'y a justement plus de pelouse, mais de la mousse! Et même si les lieux, très uniformément moussus, n'ont pas du tout la grâce du jardin de Thérèse, cela ne me tracasse pas du tout, au contraire! Le moëlleux de la mousse est irremplaçable. C'est vrai qu'ailleurs je la limite avec des apports d'Or brun, très efficace du reste!
A tout hasard, si je vous ai donné l'envie d'aller voir ce jardin, je suis comblée! Mais surtout, Camille, Soff, Marina et les autres, si vous avez la chance d'y aller, faites moi part de vos impressions!
Marina, oserais-je t'avouer que moi aussi, je subtilise les mousses? J'ai ramené dans ma poche, de l'helxine du cimetière de Saint Just en Roseland (Cornouailles), et pendant mes promenades creusoises (que les Creusois me le pardonnent), j'ai emporté quelques touffes que je tente d'acclimater dans mon sous-bois, etc...
J'ai déjà essayé la recette du lait entier ou du Yaourt, mais les résultats furent piètres! Comment fais-tu ?
Rédigé par : sophie | 05/12/2011 à 21:14
Oh joie ! J'ai dit à mon mari qu'une autre moussodingue moussempruntait. Il a eu du mal à y croire, je ne suis plus seule ! Pour le lait, j'utilise du lait cru que je le pulvérise de temps en temps, à leur début,quand je vois quelles souffrent trop. Mais sinon, elles doivent très rapidement être autonomes car chez moi le climat leur impose de rudes conditions. Plus un problème de sècheresse que de froid.Surtout de la patience et accepter qu'elles disparaissent pour réapparaître un peu plus loin là où elles n'étaient pas prévues au départ. Et que penses-tu de leur floraison ?
Rédigé par : Marina | 05/12/2011 à 21:42
Je suis une moussodingue un tantinet déçue, parce qu'elles poussent mal chez moi: trop de pollution et trop de sécheresse. Mais je vois que chez toi elles tiennent le coup à coup de lait cru, et peut-être ne suis-je pas assez patiente!
Leur floraison ??? Là, tu es plus moussodingue que moi! Je dois avouer que je n'y jamais fait très attention. Mais je ne demande qu'à apprendre!
Rédigé par : sophie | 06/12/2011 à 20:47
Ton texte est très poétique et comme toi, j'aime la mousse mais dans ma terre très calcaire elle ne se pose que sur les pierres des allées ombragées qui accueillent une très fine couche d'humus, suffisante à leur bonheur.
A l'ombre de la maison, les marchantias recouvrent peu à peu la terre et aussi une ravissante et minuscule mousse calcicole, Thuilium philiberti.
Bonne soirée
Rédigé par : Sylvaine | 06/12/2011 à 21:47
En fait, ce que j'appelle des "fleurs" sont des inflorescences femelles porteuses des "bébés" (sporogones dans le cas des marchantias). Leurs formes varies ainsi que leur couleurs. Les mousses se nourrissent principalement des composés de l'atmosphère mais ne craignent pas la pollution. Au contraire, elles peuvent servir d'indicateurs en fixant certains composés. Il est vrai que pour qu'elles prospèrent il leur faut de l'eau, indispensable à la reproduction d'une majorité d'entre elles qui n'ont pas de système racinaire. Elles sont encore très proches de nos ancêtres les algues.
Sylvaine je ne trouve aucune indication concernant ta mousse calcicole.
Chez moi, la période où elles sont au mieux de leurs forme est de courte durée. Sophie, ne soit pas déçue, ton jardin est splendide et il y prospère tellement de belles choses que je ne peux faire pousser chez moi qu'en rêve.
Rédigé par : marina | 06/12/2011 à 22:54
merci pour ce petit mousse retour au jardin de Thérèse et de Gérard. Je me souviens en être revenu, avec une nouvelle vision du Jardin. Une poésie au diapason avec votre article ! Le jardin n avait pas encore de nom... et encore une fois, ils sont d une justesse sans égale... Val Maubrune... cela lui va comme un gant... j'ai hate d y retourner...
Rédigé par : EriC | 07/12/2011 à 09:01
Ta culture biologique m'impressionne, Marina! Je me repère mieux dans les vers de Virgile que dans cet univers que j'aime pourtant beaucoup! En tapant "sporogone" sur mon moteur de recherche habituel, j'ai vu ce que sont ces "fleurs" de mousse que j'ai effectivement déjà observées et appréciées.
Tu penses donc que chez moi, elles souffrent davantage de soif que de pollution. C'est effectivement possible. J'en ai quelques unes dans le sous-bois de noisetiers, mais elles sont encore loin de former un tapis! Mais rien ou presqu'ailleurs, malgré mes encouragements !
Rédigé par : sophie | 07/12/2011 à 21:04
Vas-y, retourne Eric. Je pense que l'un des mérites de jardin est d'être un peu différent chaque année. Et ce nom, comme tu dis, lui va comme un gant!
Rédigé par : sophie | 07/12/2011 à 21:07
Ah, qu'est-ce qu'il t'a marqué, ce jardin. Et ailleurs, d'autres ne tarissent pas d'éloges non plus. Il me tarde d'y aller, mais nous sommes souvent tellement tentés par ce qui est au-delà de la francophonie, que les séjours en France sont plutôt prévus pour des visites à des amis.
Les mousses, cela me rappelle, en fin d'enfance, mes collectes dans les bois de Haute Ardenne. Mais depuis, je les ai plutôt négligées, me contentant de collecter celles du jardin en cas de montage floral, tout comme le lierre.
Rédigé par : laurent | 07/12/2011 à 21:48
J'ai été trouver sporogone également et voici ce que j'ai trouvé :
http://www.u-bourgogne.fr/serres/article.php3?id_article=53
Magnifique et si petit.
Rédigé par : Danielle CUYX | 08/12/2011 à 18:15
et oui que je l'aime ce jardin! Peut-être que je vous en lasse un peu, d'ailleurs!
Intéressant ces sporogones. je regarderai désormais les mousses autrement!
Rédigé par : sophie | 09/12/2011 à 09:30
L'un de nos rêves de jardiniers, faire un jardin de mousse et de lychens mais la nature le fait si bien, alors ...
Rédigé par : Duojardin | 09/12/2011 à 21:48
Alors les jardiniers peuvent imaginer, inventer, créer quelque chose de différent sans vraiment s'opposer à la nature...
Rédigé par : sophie | 09/12/2011 à 21:56