Je la connais depuis toujours puisqu’elle pousse un peu partout ici. Elle est si naturelle dans mon décor que j’avais oublié de la regarder vraiment. Jusqu’au jour où, il doit y avoir près de quinze ans, une jardinière m’en a parlé avec enthousiasme. Elle m’a appris à l’observer.
Ses capitules épineuses, dressées à près de 2 m. de haut, sculptent le paysage. Rondes et épineuse à la fois, chardon velouté de lilas, leur graphisme est subtil.
Puis elle a une fausse histoire. Ce bon vieux Linné, qui ne devait pas avoir de tisserands dans la famille, lui a attribué un rôle qu’elle n’a jamais joué (fullonum = des foulons). C’est sa sœur qui lui ressemble très fort, Dipsacus sativus qui a été intensément cultivée dans les régions lainières. Avec ses têtes séchées, on confectionnait des peignes avec lesquels on grattait des heures durant les draps de laine. En accrochant le tissu avec ses aiguillons, elle redressait des fibres de laine pour former un velouté doux et chaud. Si Dipsacus sativus, faute d’emploi, a presque disparu de notre paysage, D. fullonum, l’usurpatrice malgré elle, est toujours là.
Au jardin, elle est très facile à vivre. Les feuilles des jeunes semis sont simples à reconnaître: sur la face supérieure, elles sont hérissées de petites épines. Sécheresse, pluie, chaleur ou froidure, elle s’en fiche. Bisannuelle, elle demande juste un peu de froid en hiver pour donner au jeune bourgeon central le courage de démarrer au printemps suivant. Je la laisse vagabonder où bon lui semble. Bonne fille, elle reste raisonnable.


















Des capitules qui peuvent être du plus bel effet dans des compositions.
Rédigé par: Philippe D | 04/10/2009 à 20:25
coincidence ! hier je défendais ce chardon auprés d'une jardinière roundupière , j'ai reçu il y a quelques temps des graines d'une fille du nord, et j'ai appris dans la foulée qu'il existe prés de chez moi une vieille machine à carder équipée de ces chardons ... à suivre
Rédigé par: n-talo | 05/10/2009 à 10:29
Passionnant!j'ignorais cette histoire.Merci.
Rédigé par: ost | 05/10/2009 à 17:36
Je n'en possède pas encore mais là ton article et ta description me donnent envie !!
Bonne semaine
Rédigé par: xavier | 05/10/2009 à 18:14
Flûte! J'ai oublié de dire que que les cardères faisaient de merveilleux bouquets secs! Tu as raison, Philippe!
N-talo, en préparant ce billet, j'ai lu aussi qu'il arrivait encore chez nous que l'on déniche dans des arrière-cours d'usine textile des machines pourvue de têtes de D. sativus. Comme chez toi, donc.
Rédigé par: sophie | 05/10/2009 à 20:53
Ton article va-t-il me faire aimer cette peste qui pique, que mes chats détestent, dont les fleurs se transforment en "duvet" qui se propage au moindre vent pour mieux se propager.....
Rédigé par: monique | 06/10/2009 à 10:10
Je voie que la jardinière déprime moins et qu'elle retrouve de l'intérêt pour les plantes de son jardin. Tant mieux pour nous tous ... Encore un article très instructif ! Bonne journée
Rédigé par: Karine | 06/10/2009 à 10:19
Une peste, Monique! Voilà que je m'étrangle en buvant mon thé! Ici, elle n'est absolument pas envahissante!
Et oui, Karine, je retrouve de l'intérêt au jardin, parce qu'il pleut! Chouette!
Rédigé par: sophie | 06/10/2009 à 11:54
Sophie, elle doit adorer mon terrain. A moins que la tienne soit civilisée ; la mienne est une sauvageonne sans foi ni loi !
Rédigé par: monique | 07/10/2009 à 20:30
Une information !
La Hulotte (oui c'est de la pub, lié à des souvenir d'enfance) organise un sauvetage de la cardère des villes, celle qui servait à carder les draps de laine.
Ils envoient des graines juste contre remboursement des frais de transport. Désolé Sophie pour la pub, mais c'est quand même de l'info.
Rédigé par: Geralds | 14/10/2009 à 22:55
Ah non, tout juste ce qu'il faut ici, Monqiue.
Gérald, je ne prends pas du tout cela comme de la pub. Il m'arrive aussi de lire la Hulotte! Merci pour l'info.
Rédigé par: sophie | 15/10/2009 à 18:36
SUrprenant cette cardère mais je confirme dans mon coin de terre bien lourde ce Dipsacus a bien tendance à coloniser des massifs un peu oubliés. je serai plus généreuse maintenant et je vais lui laisser un peu de place ...
Rédigé par: MPO | 17/10/2009 à 21:27