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« juillet 2007 | Accueil | septembre 2007 »

28/08/2007

Cadiot ou la simplicité au jardin

Juste se taire et regarder.
    entree du sous bois a cadiot
La scène est très forte avec trois fois rien: des charmes, des cailloux, des mousses, un sentier en calade. Elle se trouve à Cadiot, entre la roseraie et le sous-bois. 

C'est une belle leçon de jardinage pour les jardiniers comme moi, qui veulent absolument mettre des plantes partout. Il ne faut pas avoir peur du vide.

Cadiot, ce n'est pas que cela. C'est aussi une roseraie, un verger-cloître, un jardin toscan, des patios, etc .. C'est en Dordogne, près de Carlux. Surtout n'hésitez pas!

 

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24/08/2007

Sanguisorba hakusanensis. Découvertes 2007/1

Vous l'avez compris, j'adore acheter des plantes. Un peu trop, peut-être!
J'en perds quelques-unes, quelques autres me déçoivent, et puis, après un, deux, ou trois ans de culture, certaines m'enchantent complètement.  

En cinq épisodes, interrompus par d'autres considérations, j'ai envie de vous parler de mes cinq plus belles découvertes 2007. Quand je dis "découvertes", relativisons ! Elles ne sont pas rares, elles sont souvent ici depuis plusieurs années, mais la maturité venant - celle de la jardinière ou des plantes ? - elles ont déployé tous leurs charmes et j'ai appris à les regarder.

Première élue, la Sanguisorba hakusanensis, orthographe vérifiée dans le Plant Finder, of course!

   sanguisorba hakusanensis

feuille de sanguisorbe hakusanensisSes feuilles, typiques des sanguisorbes, version géante (20 à 30 cm de long), forment, dès le printemps, une touffe arrondie de 60 cm de haut. Fin juin, des tiges florales à plusieurs boutons, émergent à 20 cm au-dessus des feuilles. Les fleurs roses, rassemblées en chatons retombants sanguisorba hakusanensis fleurse succèdent jusque début septembre. Sur une touffe de feuilles arrondie et nette, la nonchalence de épis étonne. Leur rose, plus bleuté que jaunâtre, presque lilas. est avivé par le vert frais des feuilles.

Je l'ai acquise, il y a deux ans, chez Crûg Farm, s'il vous plaît! Je l'ai plantée à tout hasard sous la pergola dévolue au rose, près de la Clématite 'Mayleen'. .Elle va y rester, mais j'ai des tas de compagnes à lui proposer.

   compagnes de Sanguisorba haku

Derrière, je mettrai une Eupatorium rugosum 'Chocolate' (rebaptisée Ageratina altissima 'Chocolate' par le PF) (1). Plus en arrière encore, une Spartina pectinata 'Aureomarginata' géante (2), panachée de crème. A droite de l'Eupatoire, dégoulinant un peu vers l'avant, une touffe de Phlox paniculata 'Lichtspel' (3). A gauche un Thalictrum delavayi var. decorum (4). En desssous, je la soulignerai par quelques pieds de Geranium 'Elizabeth Ann' (5), interrompus par un Carex 'Ice Dance' (6).

19/08/2007

"Jardiniers"

Le volume du sac lecture emporté en vacances a fait frémir Olivier. Heureusement, conciliant comme toujours, il a réussi à le caser dans la voiture.

"Jardiniers" est le premier livre que j'ai lu, et j'ai beaucoup aimé!
Bruno Suet a photographié et interviewé dix-huit jardiniers. Avec leurs réponses, Catherine Schidlovsky a rédigé des textes, centrés sur leur parcours et leur conception du jardin.
      jardiniers
A mon grand étonnement, la plupart d'entre eux sont venus au jardin sur le tard! Pour A. Richert, avant le jardin, ce fut la médecine puis la vidéo. I. H. Finlay est né poète, Caruncho a commencé par la philosophie, E. Borja par la sculpture, E. Cruse a d'abord été passionnée par les moutons et le tissage, K. Gustafson par le stylisme et H. Peuvergne par l'économie ! Seuls A. Bloom, J. Wirtz et Dan Pearson sont tombés dedans lorsqu'ils étaient jeunes ou presque. Le jardin serait-il un truc de vieux baroudeurs, de hippies en mal d'idéal ? Pas vraiment. A part Lafon, ancien cheminot, ce sont tous des intellectuels si curieux de tout, que l'intellectuel seul ne pouvait les satisfaire. ll leur manquait la créativité, le manuel et, surtout, le lien au vivant. Le jardin, lui, fait du quatre en un:  "La philosophie, elle réfléchit beaucoup, mais elle n'y arrive pas: je pense donc je suis, mais je ne suis pas... Elle ne donne pas le code pour vivre! Et l'important, c'est de vivre, pas de connaître pour rien. J'avais besoin de quelque chose de plus dur, de plus physique"  (F. Caruncho).

Leur conception du jardin sont plus différentes.
Pour G. Clément et A. Richert, il s'agit de "tailler dans la matière". Les sentiers et chemins se tracent suivant les circulations, les arbres à contourner. Pas de dessin. "C'est l'espace qui guide, c'est les reliefs, c'est l'existence" (G. Clément).
Chez Caruncho, c'est tout le contraire. Il dessine ses premiers jardins à partir d'une grille orthogonale. Il trace des droites, des formes régulières. "La structure, c'est une obsession pour moi, parce que le jardin est éphémère. La part végétale, la part de la chair du jardin est très délicate. C'est comme pour nous. C'est l'esprit qui reste ...." (F. Caruncho).
    terrasson1  
    Les jardins de l'imaginaire, Terrasson, K. Gustafson      
K. Gustafson, elle, adore sculpter les paysages, surtout ceux vierges de toute trace humaine. Elle modèle ses maquettes dans l'argile, puis les moule dans le plâtre pour les expédier au client. Elle se sent moins à l'aise avec les plantes et préfère s'entourer de spécialistes somme P. Oudolf.
        borja portrait borja 1
Je n'ai aucun attrait particulier pour les jardins japonais et, pourtant, la démarche de E. Borja m'a enthousiasmée: "il y a un moine zen qui a dit que celui qui fait une différence entre l'ascèse et le jardinage n'a rien compris à l'ascèse. Donc pour moi, l'ascèse, c'est se mettre à quatre pattes et désherber pendant deux heures un carré de mousse à la pince à épiler ! "(E. Borja). Là, j'adore et j'adhère tant, que ses deux livres figurent désormais sur ma liste de Noël!

B. Suet, C. Schidlovsky, Jardiniers, éd. Marval, 2007

16/08/2007

Bettes à gogo !

Je me demande parfois pourquoi je m'épuise à semer ou planter, en rangs soignés, des tomates, salades et autres légumes du potager. Je bine, je sarcle, je les chouchoute comme mon premier bébé et, pourtant, les résultats sont loin d'être spectaculaires! 

Alors qu'au printemps, en nettoyant les massifs, bettes dans le massifje découvre, çà et là, des plants de tomates à la tige grosse comme mon pouce, des salades sans limaces ou des choux pétants de santé.....
A l'automne, je jette au compost les tomates pourries, les salades en fleurs et les poireaux montés. Au printemps suivant, j'épands le compost dans les massifs. La nature fait le reste, et bien mieux que moi.

Cette année, ce sont les bettes qui ont profité du système. Il y en a partout dans le jardin. J'en ai bien arraché quelques unes, mais impressionnée par leur calibre, j'en ai gardé beaucoup. Le vert tendre de leurs feuilles est un peu surprenant à côté d'un Iris ou d'un sedum, mais, à près tout, pour quoi pas!.  
         bettes 2_thumb[1]

Maintenant, il faut les manger! Heureusement, nous aimons cela, et les enfants adorent la tourte aux bettes.
C'est plat très facile à réaliser, qui peut se faire la veille puisqu'il est encore meilleur réchauffé!
          tourte aux bettes

Tourte aux bettes.

Ingrédients:
- 2 pâtes feuilletées
- 400 gr de haché de boeuf ou veau
- beaucoup de feuilles de bettes, pour obtenir environ 300 gr de feuilles cuites. 
- une gousse d'ail
- 1 dl de vin blanc
- sel, poivre
- 1 jaune d'oeuf.
- 1 cuiller à soupe d'huile d'olive.

Enlever la nervure centrale des feuilles de bettes, les couper en lanières en les roulant comme une cigarette et les laver soigneusement.
Les jeter dans une casserole avec un peu d'huile. Les cuire à feu doux en fermant bien la casserole avec un couvercle. Lorsqu'elles sont cuites, ôter le couvercle et faire évaporer toute l'eau qu'elles rendent en remuant à la cuiller en bois. Cela peut-être long, mais il est impératif que l'eau ait disparu.
Dans une poële anti-adhésive, cuire la viande à feu vif, en l'émiettant à la fourchette. En fin de cuisson, ajouter l'ail haché menu et le vin. Augmenter le feu, et poursuivre la cuisson en remuant, jusqu'à disparition de tout liquide. Ajouter les bettes. Mélanger et laisser tiédir.

Etaler la première pâte dans un moule à bords hauts, soigneusement beurré. Verser le mélange. Poser par dessus la deuxième pâte. Fermer le tout en repliant et soudant les bords. Faire un trou au centre et, avec un pinceau, passer la pâte au jaune d'oeuf.

Enfourner une bonne demi-heure, dans un four préchauffé à 180°C 

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12/08/2007

Folie blanche

Jardin ou vacances, il faudrait choisir!

Imaginez 40 ares laissés à eux-mêmes pendant trois semaines! Avec les pluies quotidiennes, la nature a explosé. Les orties, insidieuses, se sont glissé parmi les achillées. Plus retors, le liseron s'est enroulé autour des branches, et l'horrible chiendent s'est faufilé dans les iris. Les plantes, dopées par la météo et le fumier épandu au printemps, ont pris des proportions démesurées et s'écroulent au moindre coup de vent. Pour me consoler et me réconcilier avec moi-même, je me suis promené dans le jardin à la recherche de scènes mises en valeur par ce laisser aller végétal.

J'en ai trouvé une, dans un coin de notre jardin blanc.
jardin blanc en aout

1. Persicaria virginiana 'Painter's Palette'
2. et 5. Persicaria amplexicaulis 'Alba'
3.  Miscanhus 'Morning Light'
4. Clematis 'Alba Luxurians'
6. Phlox 'Fujiyama'
7. Buddleja nivea
8. Aster umbellatus
9. Alchemilla mollis
10. Carex buchananii (?)
11. Chaenomeles 'Nivalis'
12. Iris sibirica 'Butter and Sugar'
jardin blanc en aout nb

A mi-ombre, la  Persicaria 'Painter's Palette' est très lumineuse et forte. Mais il faut l'utiliser avec modération pour éviter l'indigestion. Au contraire, la Persicaria amplexicaulis 'Alba' est si élégante et raffinée que j'en mettrais partout. La clématite, devenue monstrueuse cette année, est en fleur depuis début juin.

Toutes ces plantes sont naturellement vigoureuses, supportent beaucoup de situations et se sont réjouies de l'absence du jardinier !

09/08/2007

Epipactis helleborine

Notre jardin est situé en périphérie d'une agglomération du Pays Noir. Coincé entre 4 terrils, le sol y est pauvre, barbouillé de remblais de mines et de charbon. Les hirondelles sont rares, les moineaux discrets et les hérissons inconnus. Je croyais donc le jardin oublié par la nature.

Il y a un mois environ, en désherbant un epipactis helleborine en piedcoin négligé, j'ai découvert une paire de feuilles étranges. Larges, ovales, creusées de nerures parallèles, elle appartenaient visiblement à une plante monocotylédone. Un verâtre peut- être ? Un achat sans étiquette ? Une plantation oubliée ?
Régulièrement, j'allais observer leur croissance. Assez vite, un embryon d'épi floral est apparu.
En nettoyant un autre coin du  jardin, ombragé aussi, mais régulièrement entretenu, j'ai découvert, stupéfaite, les mêmes feuilles, avec le même bébé épi qui pointait au sommet. Puis d'autres encore, quelques mètres plus loin. Mince alors ! Ce n'était pas l'Alzheimer qui me jouait un coup fourré, mais la nature qui me rappelait sa présence.

Perplexe, j'ai plongé le nez dans mes bibles botaniques. Olivier, plus pragmatique et observateur, a dit : "Ca ressemble au machin qu'on a reçu samedi soir"! Le "machin" était un sabot de Vénus (Cypripedium calceolus). Replongée dans les bouquins! C'est qu'il a raison, lui qui n'ouvre jamais un livre de botanique! C'est bien une orchidacée, plus précisément une Epipactis helleborine.
        epipactis helleborine fleurs
Entretemps, les fleurs se sont ouvertes. Leur forme epipactis helleborine avec rostellumélaborée a confirmé le diagnostic. Le pollen est agglutiné dans des petits sacs ou pollinies. Juste en-dessous, se trouve une petite perle appelée rostellum, encore présente sur la photo à droite. Le premier insecte butineur la déchire en quittant la fleur. La substance viqueuse qu'elle contient, se répand sur la tête de l'animal pour y fixer plus sûrement le pollen. Elle apprécie les sols calcaires et la mi-ombre. Et les limaces ne l'épargnent pas !

Ce n'est pas une rareté, ne rêvons pas, mais nous en sommes très fiers !

 

05/08/2007

Le Pratolino

Je m'étais juré de poster un ou deux billets pendant ces trois semaines de vacances. Au début, j'ai bien cherché une connexion Wifi disponible, mais, très vite, je me suis laissée envahir par une délicieuse paresse.           
Mes ongles sont redevenus roses, mes mains se sont adoucies, mais le cerveau, lui, est resté accro!   Nous étions insallé au Nord de Florence, dans le massif du Mugello, région natale des Médicis. Ils l'ont parsemée de villas et de jardins somptueux! Comment aurais-je pu résister ?
              fiesole vue du parc demidoff

 Fiesole, vue du Pratolino 

plan demidoffLe Pratolino a été dessiné, fin 16è s., par Buontalenti (!) pour François Ier de Médicis. Le plan symétrique était centré sur un canal qui le traversait de part en part. Du haut de la colline, l'eau descendait de fontaines (3 sur le plan) en bassins, coulait sous la villa (11), traversait des grottes (13), rejaillissait en tunnel d'eau (16), pour mourir au fond du vallon. Autour de cet axe central, les jardins étaient disposés en damiers, hérissés de statues. Dans les grottes, le courant actionnait des automates qui ont émerveillé Montaigne en personne.
Mais ne phantasmez pas trop vite! Il ne reste presque rien de ce paradis. La villa, rongée par l'eau a été détruite, les successeurs (les Demidoff) ont réorganisé le parc à l'anglaise, les statues sont parties au Boboli.

Sauf, sauf ... cette statue géante des Apenins. Ce rocher, mi-colosse, mi-montagne, émerge de la végéation qui l'entoure.
             apenin 1 
apenin2Son bras appuie sur la gueule d'un monstre, d'où jaillissait l'eau pour retomber dans une vasque.  Son créateur, Jean de Boulogne (Giambologna pour les florentins) avait un sacré génie! Sous son burin, le naturel est devenu surnaturel, à moins que ce soit le contraire...

villas et jardins de ToscaneSi vous vous promenez dans le coin, il faut absolument glisser dans vos bagages ce bouquin prêté par une amie et dont le plan est extrait: S. Bajard, R. Bencini, Villas et jardins de Toscanes, éd. Terrail, Paris,1992.

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