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03/07/2009

La coupe des bordures: archaïsme ou modernisme?

J'aime que les bordures soient tirées à 4 épingles. Leur trait net souligne le foisonnement végétal des massifs qui débordent de toute part sous le poids de mes achats compulsifs. Pour tracer les lignes, j'ai enfoncé des rubans de briques posées sur le champ. Reste à couper les "barbes" qui dépassent.

bordure

Olivier partage mon choix esthétique de la ligne franche, mais pas la méthode. En bon mâle, il préfère les outils à moteur. Il utiliseb7a2db4b7589fdcc0e1c1202c33010f7-300x300 un coupe-bordure électrique. "Au moins, on se voit avancer!" Moi, je suis allergique à cette fichue machine. Elle vrombit comme un frelon et les fils cassent sans cesse. Il faut s'arrêter, dégager la bobine qui vous saute à la figure comme une mauvaise blague, et patiemment ré-enrouler les fils, l'un dans un sens, l'autre dans l'autre, sans qu'ils ne chevauchent. Une fois sur deux, au moment de refermer le boitier, la bobine s'échappe à nouveau et il faut tout recommencer. Je jure, je m'énerve et je n'avance pas.
Plus grave encore, elle coupe mal. Les fils tranchent bien l'herbe, mais au moindre mouvement du jardinier qui doit pourtant se déplacer, ils creusent et râpent le sol. A la longue les bordures, écorchées vives, sont plutôt brun jaunâtre que vert gazon.

31jYjdqy70L._SL500_AA280_Je suis restée attachée à une méthode qu'Olivier juge primitive! Celle des ciseaux. Les plus bêtes qui soient, achetés au supermarché du coin, rayon ustensiles de ménage. Au fur et à mesure du désherbage, je coupe, dans un silence serein, les herbes qui débordent de la ligne autorisée. J'évalue la longueur des bordures coupées chaque quinzaine à 300m. C'est mon côté tortue. c'est lent mais ça avance sûrement et c'est propre.

Le seul défaut du système est l'accroupissement nécessaire. Avec l'âge, j'ai les charnières qui grincent. J'ai lu quelque part qu'il existait des ciseaux équipés de longs manches. En somme, un modernisation du primitif pour jardinier poussif. Mais, après 15 ans d'archaïsme, le progrès me fait peur...

28/06/2009

Salvia nemerosa ‘Amethyst’

Dès le premier coup d'oeil, j'ai eu le coup de foudre pour la sauge 'Amethyst' (Salvia nemerosa 'Amethyst'). Plus haute et plus racée que ses sœurs, ses épis rose pourpré sortaient du lot. Je l'ai achetée illico. Et malgré le soleil ravageur de ce juillet 2003, elle a fleuri sans compter jusqu'en septembre. Au printemps suivant, elle a refait surface plus déterminée encore: elle se moque de la concurrence des voisines entre lesquelles elle se faufile avec souplesse et les limaces s'y cassent les dents.      

     salviaamethyst1

D'années en années, je l'ai divisée obstinément pour en éparpiller des touffes dans les massifs bleus et mauves. Mais s'il vous est déjà arrivé de vous balader dans le jardin, godets à la main, en vous demandant où placer vos trésors, vous comprendrez mon désarroi. Impossible de lui trouver une place ad hoc: avec les Nepeta 'Six Hills Giant' et 'Dawn to Dusk', aux épis trop semblables, elle fait brouillon, à côté des Monardes, elle jure, et de loin, elle passe presque' inaperçue. Elle a supporté avec dignité les allers et retours imposés par sa jardinière indécise dont tous les essais se soldés par un échec. Bon sang, je ne suis pourtant pas la seule à lui trouver du charme puisque la RHS lui a décerné un élogieux AGM! Dépitée j'ai laissé passer le temps, espérant, au gré de mes promenades ou au fil de mes lectures rencontrer l'idée, découvrir la plante qu'il lui fallait.   

Et juin dernier, alors que je n'attendais plus rien de mon imagination atone, l'éclair est venu. Les Geranium 'Orion' avaient pris de l'ampleur, déployant longtemps leur bleu profond sans être dur et les choses sont devenues claires. C'est à leurs côtés que les sauges 'Amethyst' doivent être. Et cet été, j'ai enfin droit à toute leur beauté...

     salviaamethyst

22/06/2009

Trio de fraîcheurs pour apéritif ensoleillé.

Ce dimanche fut une belle journée. Nous fêtions le retour d’un fils exilé six mois au Pérou, la fin des examens des deux autres et deux anniversaires qui ont la stupide habitude de tomber très mal pour les étudiants. La cuisine s’est réveillée, j’ai secoué le tablier un peu délaissé et j’ai essayé de concocter un repas à la hauteur de notre gaieté.

Pour l’apéritif que j’avais prévu à l’ombre des tilleuls qui couvrent la terrasse, j’ai préparé trois mises en bouche ensoleillées et  rafraîchissantes. De l’avis de tous, elles étaient délicieuses. Manquait juste l’été boudé par le soleil: une pluie obstinée nous a cloués au salon.

     DSC_5828

Elle m’ont été inspirées par Le Vif Week-end. Hors série. n°24 Eté 2009. J’ai adapté ces recettes au contenu de mon frigo et à l’humeur du moment.

Soupe froide à la tomate et à l’orange.

Ingrédients pour 4 personnes:

- 2 oranges
- 4 tomates
- 4 brins de basilic et 4 feuilles pour la déco
- une ou deux tranches très fines de jambon cru.
- 3 c à s d’huile d’olive.
- 2 c à s de vinaigre.

Peler les oranges à vif et les couper en petits morceaux. Détailler les tomates en gros cubes. Les mettre dans un récipient avec les feuilles de basilic, l’huile d’olive et le vinaigre. Mixer soigneusement et passer au chinois le liquide obtenu. Mettre au frais pendant une heure puis verser dans des verres. Décorer avec une lanière de jambon et un petit bouquet de basilic.

Pain garni au fromage frais et au concombre.

Ingrédients pour 4 personnes:

- un concombre lavé.
- 200 gr de cottage cheese.
- un demi citron vert.
- 1 c à s de feuilles de coriandre.
- 1 c à s de persil.
- quelques tranches de pain de mie.

Raper le zeste du demi citron vert puis le presser pour en extraire le jus. Verser le cottage cheese dans un bol, le relever avec les zestes et le jus de citron, les feuilles de persil et de coriandre ciselées, et l’assaisonner de sel et de poivre.
A la mandoline, détailler le concombre en très fines tranches. Etaler ces tranches sur une planche en les chevauchant légèrement de façon à dessiner un décor de rayures avec la peau.
A l’emporte pièce, découper huit rondelles de pain et huit rondelles de concombre. Tartiner le pain de Cottage Cheese et le recouvrir d’un rondelle de concombre.

Rouleaux de légumes d’été.

Ingrédients pour 4 personnes:

- deux tortillas
- quelques belles feuilles de laitues lavées.
- 6 asperges vertes.
- 6 tranches de jambon cru.
- 1 beau poivron jaune.
- 2 oignons nouveaux.
- 1 c à c de gingembre râpé.
- 1 c à s d’huile d’olive.

Laver et éplucher les asperges. Les cuire quelques minutes à l’eau bouillante salée.
Emballer le poivron dans de l’alu et l’enfourner à 180° pendant 20 min. Le laisser refroidir dans son emballage, puis le peler, l’égrener et le découper en lanières. Assaisonner avec l’huile et le gingembre.
Laver et couper les oignons nouveaux en rondelles.
Etaler les tortillas. Les recouvrir avec les feuilles de salade, puis le jambon. Disposer au centre trois asperges, parsemer de poivrons et d’oignons nouveaux. Rouler la tortilla en serrant bien. Pour maintenir l’ensemble, piquer le rouleau d’autant de cure-dent que de tranches prévues. Couper les tranches entre les cure-dents.

16/06/2009

Pour élargir l’espace…

Le week-end dernier, nous étions invités chez une amie jardinière dans la banlieue parisienne. Le portail noir s'est ouvert, et tout de suite je me suis sentie reposée du trajet pourtant laborieux. Le jardin est tout petit. Quelques mètres carrés courent autour de la maison, mais tout y est. L'helxine mousse entre les dalles, les tomates rougissent le long du mur, les grimpantes escaladent tout ce qu'elles peuvent, deux petites ouvertures dans le mur repoussent les limites du jardin, quelques buis taillés charpentent la végétation et les chaises de jardin n'attendent que nous.

     oouverture 1

Après un bon repas, nous partons ensemble, J., moi et nos maris visiter un jardin proche où nous rejoint S., une autre amie jardinière. Nous discutons beaucoup, nous hésitons. Il y du bon et du moins bon dans ce lieu. Devant une terrasse en bois adossée à un grand miroir je m'exclame:
- "Aïe, ça fait magasin!"
- S. réplique: "Chez toi, J., c'est beaucoup mieux."
-"Comment ça ?" dis-je . "Je n'ai pas remarqué de miroir chez toi, J. ".
- "Mais si, mais si, tu n'as pas bien vu...."

     ouverture 2

Et là tout à coup je comprends. J'ai été complètement bluffée. Les trous dans le mur de J. sont factices. Ce sont des miroirs. J. les a judicieusement placés pour qu'ils reflètent le ciel et le jardin et pas la maison. Cernés de verdure, l'illusion est parfaite.

Bravo J. et merci encore pour ce merveilleux week-end.

Carzan vient tout juste d'écrire un billet où il est aussi question de miroir....

10/06/2009

Le laurier malade de froid.

Je vous l'accorde, mon laurier est moche.

Il est très mal en point depuis les grosses gelées de cette hiver. Sur le coup, je l'ai cru sauvé. Malgré -15°C pendant plusieurs nuits et un gel intense pendant 10 jours, il est resté vert et frais comme un jeune scion. Les semaines ont passé et j'ai continué à cueillir ses feuilles pour la cuisine familiale sans me soucier de rien.

Et voilà qu'avec mars, le redoux, les hirondelles et les jonquilles, au lieu de participer à la fête, de déployer ses nouvelles feuilles vert tendre, il s'est mis à brunir du bout des feuilles extérieures d'abord. Cette mauvaise mine s'est étendue aux feuilles entières, de l'extérieur vers l'intérieur. Si bien que fin avril, il ne lui restait que quelques rares bouts de verdure à l'intérieur, du côté du mur qui le protège un peu.

     laurus nobilis 1

Foutu ou pas foutu ? Tailler ou pas tailler ? J'ai posé la question à tous les amis jardiniers de passage. Certains m'ont conseillé d'attendre - "surtout, ne touche à rien !"-, d'autres de couper tout ce qui était brun - "pour qu'il respire".

Face au dilemme, j'ai choisi la solution paresseuse de l'attentisme dubitatif. J'ai cuisiné sans laurier , j'ai regretté son doux parfum et tous les jours j'ai pris de ses nouvelles. Son état demeurait stationnaire, le brun demeurait brun et le vert restait vert.

Puis voilà qu'avec la fin mai, le moribond m'a semblé frémir. C'était imperceptible pour qui ne le connaissait pas. Le vert paraissait un peu plus vert et certains bourgeons un tout petit peu plus gros. Puis, un beau matin, de nouvelles feuilles ont éclos, toutes petites et toutes timides, près du mur d'abord, puis au milieu et maintenant vers l'extérieur.

     laurus nobilis 2

Le malade n'est pas encore sauvé, mais la guérison est en bonne voie. Comme s'il avait été victime d'un accident cérébral, il récupère petit à petit l'usage de ses membres. Les feuilles mortes tombent une à une, et les vertes se multiplient doucement.

Moralité, ne jamais tailler trop vite ce qui paraît mort! La vie l'habite peut-être encore.

J’en profite pour dresser le bilan de la résistance de nos plantes au gel de cet hiver:

  Brunes de bas en haut Très brunes mais avec encore un peu de vert Parfaitement vertes  
  Viburnum harryanum
Rosmarinus officinalis (3 pieds..)
Pittosporum tenuifolia (vieux de 15 ans…)
Euphorbia characias
Ceanothus arboreus
Eryobotrya japonica
Clerodendron bungei
Rhamnus alaternus
Phygelius
Phillyrea angustifolia
Laurus nobilis
Garrya elliptica
Arbutus unedo
Ceanothus thyrsiflorus
Viburnum davidii
Cistus x corbariensis
Buddleja nivea
Libertia peregrinans
Choisya ternata
 

05/06/2009

Le jardin sec de Blewbury Manor

Pourquoi ai-je besoin de planter partout ? Avec obstination, je recouvre le moindre morceau de terre d'une plante qui la cache. Pourquoi cette peur du vide, cette simplicité refusée ? Je n'ai pas la réponse, qui doit se terrer dans les synapses de mon inconscient, mais je me suis brutalement posé la question devant le jardin sec de Blewbury Manor.
     ensemble

Un péristyle ombragé de charmes, une cour intérieure excavée et couverte de graviers clairs, quelques plantes simples et lumineuses, posent les étapes concentriques qui mènent à l'obélisque central, scintillant comme une fontaine de lumière. J'ai vu des jardins minimalistes, j'ai rodé dans des cloîtres de verdure, j'ai contemplé des jardins zen, mais jamais je n'ai ressenti de joie indicible comme à Bluebury. La sérénité des formes, le dépouillement du décor et le rythme de la lumière m'ont subjuguée. 
     detail

C'est Alice Coptcoat, paysagiste et ancienne propriétaire du Manoir qui l'a dessiné. En baissant le niveau du terrain central, elle l'a rendu visuellement plus présent. Elle a choisi des plantes "lames " (Iris fétuques, ...) des plantes "coussin" (lavandes, Sedum aizoon 'Euphorbioides', jeunes graminées, ...) et des plantes "lumières" (Stachys byzantina 'Primrose Heron', Achillea, Helianthemum, ...). Pour éviter un désherbage inconfortable, le gravier est posé sur un feutre géo-textile. Les plantes sont glissées dans des fentes en croix pratiquée dans le feutre.

Revenue ici, j'ai éliminé une dizaine de plantes du jardin blanc et sec. Epuré, il respire déjà mieux. Je me suis juré de poursuivre dans cette voie.

J'en profite pour remercier et féliciter Richard Roslyn, le head gardener du jardin, qui nous a guidés. Il a su être patient avec un groupe de jardiniers latins, bavards et indisciplinés. Et surtout, il accomplit à Blewbury Manor, un travail éblouissant.

01/06/2009

Les laitues

Depuis que j’ai l’âge d’en manger, j’adore les laitues! Quand mes frères et sœurs rechignaient devant ces plantes au goût d’eau, juste bonnes pour les lapins, je croquais avec délice leurs feuilles au parfum de rosée du matin. Devenue adulte, les salades du supermarché m’ont tant fatigué le palais, que les premières mètres carrés dont j’ai disposé leur ont été consacrés. J’ai enfin goûté aux vraies laitues, croquantes et tendres à la fois, fraîches comme une prairie parsemée de boutons d’or.

Depuis, pommées ou à couper, blondes ou rouges, scaroles ou romaines, il y en a presque tous les jours au menu. Et les enfants, petits, me posaient à chaque fois la même question, devenue rituelle: “C’est laquelle qu’on mange aujourd’hui ?” Je répondais “une ‘Lollo bionda’, une ‘Lollo rossa’ ou une ‘Grosse blonde paresseuse’…”. Ces noms émoustillants faisaient beaucoup rire la tablée.    
      potager de knighthayes

Le potager s’est agrandi avec la famille et, avec les années, j’ai appris à les bichonner. Pour éviter la pourriture du collet, je les repique très peu profond, presque posées sur le sol dans un petit nid de terreau maison. J’échelonne les variétés au rythme des saisons: les ‘Reine de Mai’ et ‘Merveille des quatre saisons” supportent très bien les dernières gelées,  les ‘Grosse blonde paresseuse’ et ‘Rouge grenobloise’ aiment la chaleur, les romaines et Sucrine’ supportent la sécheresse et sont rétives à la montaison.

Mais il y a un problème de taille. Je ne suis pas seule à adorer les salades. Les limaces en sont folles. J’ai tout essayé: les granulés bleus bio, les cendres, la bière, le marc de café, les piques à brochettes au petit matin, les coquilles d’œufs, l’extermination aux ciseaux. Rien n’est venu à bout de leur voracité.     
         laitue et sa collerette

La seule méthode propre, simple et efficace à 80% est une technique “maison” mise au point après des années de pratique et de tâtonnements: la collerette. Je vous explique. Je coupe les extrémités d’une bouteille en plastic, puis le tube obtenu en deux ou trois tronçons. J’entoure le jeune plant de ce cylindre transparent. Les limaces, gluantes, glissent sur cette surface trop lisse, qui, du même coup, tient lieu de mini-serre. Attention, il fut bien l’enfoncer d’un centimètre ou deux. Sinon la limace, plus futée que prévu, se glisse par dessous. A moins d’avoir oublié une bestiole à l’intérieur de la collerette, ce système “D” est le meilleur que j’aie trouvé.

26/05/2009

J'ai enfin aimé les roses...

Je n’aime pas les roses. Voilà, c’est dit. Je dois être une hérétique, une jardinière dévoyée, mais je n’aime pas les roses.

Pour être exacte, je devrais plutôt dire, je n’aime pas les rosiers. Je les trouve coincés du bas. Engoncés dans un corset de tiges raides comme des baleines, ils ont un port de douairière, une silhouette de reine –mère.

Pourtant, la rose à elle toute seule est une monde de sensualité: formes arrondies, pétales nonchalants et parfum de jeune fille.  Mis à part le lianes et les botaniques, comment se peut-il qu’une telle beauté soit portée par une silhouette aussi revêche ? L’ensemble me donne l’impression d’un papillons greffé sur une girafe, d’une nymphe portée par un rhinocéros, bref, d’une erreur de la nature.
          allee de rosiers dans la prairie

Mais à Woolstone, j’ai enfin aimé les roses. Mrs Spink les a plantés le long de la prairie fleurie. Les herbes hautes cachent les dessous et allègent les profils. Encadrées dans un nuage de graminées, les fleurs sont plus délicates encore et leur sensualité devient sauvage.
          detail

J’ai très envie de planter quelques rosiers parfumés ici, dans la prairie. Pas trop, juste deux ou trois entre les fusains et Hammamelis qui y sont déjà. 

19/05/2009

Vacances anglaises

Juste trois mots et une photo pour vous dire que nous partons en Angleterre faire le plein de rêves….   le jardin

A lundi prochain.

17/05/2009

La beauté du salsifis

Pour concevoir le jardin, je dessine des plans, je prends des notes, je réfléchis sans cesse. Et pourtant ce que je préfère, ce sont les surprises! Lors de la promenade du petit matin, J'adore découvrir la tulipe dont j'avais oublié l'existence, m'émerveiller devant laurier que j'avais avait cru mort et qui reprend du poil de la bête, et sourire au fusain, en fleurs pour la première fois...

     rosier fetide

Aujourd'hui, la nature m'a fait un petit cadeau de plus. Je me dirigeais vers le fond du jardin jaune, pour guetter les premières fleurs du rosier fétide. Le nez sur une fleur, maculée de gouttes de pluie, j'ai brusquement aperçu, plus bas, emberlificoté dans les bras du rosier, un délicat capitule mauve emmanché sur une haute tige feuillée de gris. Je l'a reconnu tout de suite. C'est un salsifis, alias Tragopogon porrifolium.

     tragopogon porrifolium

Il ressemble très fort à son frère, le salsifis des prés, ou Tragopogon pratensis qui fleurit jaune et qui est déjà venu nous rendre visite. Il a campé dans le grand massif mauve pendant deux ou trois ans. Il était magnifique à côté des aulx. J'ai essayé de l'apprivoiser, j'ai récolté les graines, mais il a préféré la liberté.

J'espère que celui-ci acceptera le gîte et le couvert, au potager au moins. Très graphique, Il ferait un merveilleux contrepoint aux jaunes et oranges qui dominent cette partie du jardin. Je croise les doigts.

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